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Amendement de la loi sur la monnaie et le crédit : La Banque d’Algérie financera les déficits Version imprimable
09-09-2017
[Par Akli Rezouali - El Watan 7 septembre 2017]
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Abdelaziz Bouteflika a présidé hier un Conseil des ministres au cours duquel ont été examinés le plan d’action du gouvernement Ouyahia et la loi sur la monnaie et le crédit (LMC).

Cette réunion a permis d’aborder ces deux dossiers indispensables pour la mise en mouvement de l’action de l’Exécutif fraîchement installé après le limogeage du Premier ministre Tebboune, dont le gouvernement aura duré, contre toute attente, moins de trois mois.

Le projet de loi portant amendement de la loi sur la monnaie et le crédit (LMC) a été officiellement adopté hier par le Conseil des ministres pour y introduire la possibilité d’un recours au financement interne non conventionnel par la Banque d’Algérie (BA) au profit du Trésor public.

Tel que présenté à travers le communiqué officiel de la Présidence, ce nouveau dispositif, annoncé comme «exceptionnel», laisse clairement redouter un recours incontournable à la planche à billets pour couvrir le déficit des finances publiques, ce qui risquerait d’induire de graves dérives inflationnistes. Quoi qu’il en soit, la nouvelle version de la LMC, est-il indiqué, autorisera désormais la Banque d’Algérie à «prêter directement au Trésor public, afin de permettre à ce dernier de financer les déficits du budget de l’Etat, de financer la dette publique interne et d’allouer des ressources au Fonds national de l’investissement».

Ce mode de financement «exceptionnel», est-il encore précisé, sera instauré «pour une durée de cinq années» et sera accompagné de la mise en œuvre d’un programme de réformes structurelles économiques et financières, destinées à «rétablir l’équilibre des finances publiques ainsi que l’équilibre de la balance des paiements».

 Et comme pour justifier le bien-fondé de cette démarche, le communiqué du Conseil des ministres souligne que «le financement non conventionnel a été introduit par un certain nombre de pays développés (Japon, Etats-Unis, Royaume-Uni, par exemple), pour faire face aux effets de la crise financière mondiale sur leur développement». Aussi, est-il expliqué, l’Algérie va recourir temporairement à ce même mode de financement «après avoir résisté trois années durant aux effets d’une crise financière sévère induite par une grave chute des prix des hydrocarbures».

A l’issue de l’adoption de ce projet de loi, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, rapporte l’APS, a souligné que le recours aux financements internes non conventionnels permettra d’éviter une panne du processus de développement économique et social, après celle vécue à la fin des années 1980.

Selon son propos, «ce n’est que parce que l’Algérie dispose encore d’une indépendance économique extérieure, grâce au remboursement anticipé de sa dette et à l’accumulation des réserves de change, qu’elle peut recourir aujourd’hui souverainement au financement interne non conventionnel pour éviter une régression de sa croissance qui serait dangereuse économiquement mais aussi socialement». A noter qu’à travers son plan d’action, adopté également hier, l’Exécutif ne manque pas de soutenir qu’en étant couplé à une démarche de rationalisation des dépenses publiques, le recours aux financements internes non conventionnels ne risque pas d’induire de dérives inflationnistes.

Pourtant, indiquent des experts, cette nouvelle démarche risque d’ouvrir la voie à l’utilisation de la planche à billets, si des garde-fous ne sont pas posés pour définir la relation entre la Banque d’Algérie et le Trésor, car il peut exister une tentation de création monétaire artificielle par rapport aux contreparties reconnues de la masse monétaire et donc un risque d’inflation, dont il faudra s’attendre à des effets dévastateurs sur l’économie nationale.


 
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