moyen-orient_wd.jpg
L'avocat du diable
Jacques Molénat

Dernières infos

g_calvet.jpg 
Radar_WD.gifMai 2009
Images de...

Oran
Alger
Philippeville
Constantine
rubriques1.gif

Flux RSS

L’hôtel Paradis Plage de Skikda enfin ressuscité ? Version imprimable
18-03-2017
[Par Khider Ouahab - El Watan 15 mars 2017 ]
htel_paradis.gif






Abandonné depuis plus de dix ans 
Adjugé au profit d’un privé pour un bail annuel de 1,7 milliard de centimes, l’hôtel sera mis en location pour une durée de 15 ans.

La grande salle de l’Hôtel de Ville a abrité, dimanche après-midi, une séance d’enchères relative à la mise en location de l’hôtel Paradis Plage, un bien communal, situé sur la corniche de Stora, sur la côte ouest de la ville de Skikda. Adjugé au profit d’un acheteur local pour un bail annuel de 1,7 milliard de centimes, l’hôtel se verra ainsi mis en location pour une durée de 15 ans. Le cahier des charges établi à cet effet par l’APC oblige, par ailleurs, l’acquéreur à procéder, à ses frais, à la finition des travaux de réhabilitation et d’aménagement de l’hôtel, dans un délai ne devant pas dépasser les 12 mois.

«Le conseil communal a fini par opter pour cette mise en location qui, d’une part, permettra d’achever les travaux laissés en suspens depuis plus de dix ans, sans recourir au Trésor public, et d’autre part, cette location drainera, quinze ans durant, des entrées financières considérables au profit de la commune de Skikda. D’ailleurs, on a même exigé de l’acquéreur de mettre, gracieusement, deux suites à la disposition de l’APC à chaque fois que le besoin s’exprimerait, pour héberger d’éventuels hôtes de la ville», expliquera Kamel Tabbouche, maire de Skikda.

A notre question de savoir si l’APC ne craignait pas que les travaux d’achèvement qu’aura à faire le nouvel acquéreur soient mal réalisés, voire dénaturer la bâtisse, le P/APC révèlera que le cahier des charges comprend une condition qui accorde le suivi de ce chantier à la commune. «Les services de la commune sont les seuls habilités à suivre cette opération et à dresser des PV lors de l’entame des travaux et lors de leur achèvement», explique M. Tabbouche.

D’une capacité de 27 chambres et 16 suites, l’hôtel comprend deux cuisines, un restaurant, une terrasse au dernier étage offrant une vue imprenable sur la mer, en plus des autres commodités propres à ce genre d’infrastructures d’accueil. L’hôtel Paradis Plage, dont la construction remonte à la période coloniale, dispose d’un emplacement des plus avantageux sur toute la côte skikdie. Donnant directement sur une plage au sable fin portant le même nom, ce petit bijou se présente comme un repère indéniable de l’interminable chaîne des plages allant de celle de Château Vert jusqu’à Bikini, à Stora. Sa descente en enfer fut malheureusement entamée vers la fin des années 2010, lorsqu’il fut tout simplement abandonné.

En 2008 pourtant, Karim Dhili, maire de Skikda à cette époque, avait tenté de sauver cet hôtel en lançant un projet de restauration qui sera vite stoppé par le wali pour des considérations plus politiques que financières ou administratives. Le chantier de restauration, déjà entamé, sera alors abandonné. En 2010, le nouveau maire de la ville, feu Ferhat Ghanai, tentera à son tour de reprendre le chantier de l’hôtel Paradis Plage, mais sa volonté butera sur celle du wali. On expliquera à cette époque que l’enveloppe financière, alourdie d’avenants, ne permettait pas de réaliser le projet, qui est alors abandonné, servant, le plus souvent, de gîte aux vices sociaux.

L’hôtel se verra même convoité à cette époque par quelques «bagaras», qui n’avaient rien à voir avec l’hôtellerie, ni avec le tourisme, mais qui tentaient de s’en accaparer, chose qui poussera alors les élus locaux à envisager de le céder à Cirta Hôtel, qui cherchait à cette époque à enrichir son réseau hôtelier. Il n’en sera rien et le projet de réhabilitation est vite oublié et l’hôtel totalement délaissé.

Aujourd’hui, avec sa mise en location, Paradis Plage et l’APC ont tout à y gagner, même s’il s’en trouvera toujours, comme c’est de coutume à Skikda, des voix qui risquent de s’élever ici et là pour dénoncer cette action. N’empêche, il restera juste à espérer que le cahier des charges soit scrupuleusement respecté pour éviter de nouvelles désillusions à cette ville et à sa mémoire. 
 
< Précédent   Suivant >

En relation avec cet article