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Le grand bazar des gares de la LGV Nîmes-Montpellier Version imprimable
22-11-2016
[Par Guillaume Mollaret - Le Figaro 20 novembre 2016]
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Faute d'une nouvelle gare dans le Gard, celle de Montpellier, très onéreuse, fonctionnera au ralenti. 
La SNCF est en train de construire une gare dans laquelle elle ne souhaite pas que les voyageurs montent! Cette gare fantôme, c'est la future gare TGV de Montpellier-La Mogère dont l'ouverture est prévue au printemps 2018. Sa construction, qui coûtera 135 millions d'euros, s'inscrit dans le contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier, un chantier de 2,28 milliards d'euros. Malgré cet investissement, la SNCF a récemment annoncé sa volonté de ne desservir la future gare qu'avec quatre trains par jour.

En clair, la gare historique du centre-ville de Montpellier accueillera deux à trois fois plus de trains que la nouvelle gare TGV. Cette situation dévoilée la semaine dernière a provoqué la colère de la présidente du conseil régional d'Occitanie, Carole Delga (PS). Face à cette perspective, elle a d'ores et déjà annoncé à la SNCF le gel des investissements de sa collectivité, de l'ordre de 25 millions d'euros, pour le financement de la gare TGV de Montpellier-La Mogère.

«Économiquement, la ligne Paris-Montpellier n'est viable qu'à la condition d'un arrêt à Nîmes, située 50 kilomètres en amont»
Un ingénieur ferroviaire

Dans cette affaire, deux filiales de la SNCF se déchirent car leurs intérêts sont contradictoires. D'un côté, il y a SNCF Réseau, gestionnaire des infrastructures, qui construit la gare TGV dans le cadre d'un partenariat public-privé et le concours de collectivités locales ; de l'autre, SNCF Mobilité, chargée de l'exploitation des trains. Sous couvert d'anonymat, un ingénieur ferroviaire décrypte les raisons qui poussent aujourd'hui SNCF Mobilité à sous-utiliser la gare nouvelle. «Économiquement, dit-il, la ligne Paris-Montpellier n'est viable qu'à la condition d'un arrêt à Nîmes, située 50 kilomètres en amont. Or, en l'état actuel des choses, le calendrier des travaux pour la construction d'une gare TGV à Nîmes n'est pas arrêté

Profonde aberration

De surcroît, dans l'attente de cette construction, aucun raccordement n'étant prévu entre la ligne ancienne et la ligne nouvelle, il ne sera pas possible pour un train desservant Nîmes-centre de rejoindre la gare TGV de Montpellier. «La bêtise, c'est de ne pas avoir lancé concomitamment la construction des gares TGV de Montpellier et Nîmes», poursuit ce cadre.

Dans les conditions actuelles, SNCF Mobilité ne souhaite donc pas que ses trains fassent une halte dans une gare (Montpellier-TGV) où les droits acquittés auprès de SNCF Réseau seraient supérieurs à ceux qu'elle lui verse dans les gares de centre-ville… À plus forte raison encore si ces trains sont moins remplis!

La profonde aberration du dossier, c'est la construction de deux gares TGV distantes d'à peine 50 kilomètres… «L'intelligence aurait voulu que l'on ne construise qu'une seule gare TGV entre Nîmes et Montpellier, avec des navettes la reliant aux gares de centre-ville, dit l'eurodéputé et maire de Nîmes par intérim Franck Proust (LR). Mais à l'époque de la décision du chantier, l'homme fort de la région s'appelait Georges Frêche (mort en 2010, NDLR). Il était alors le président socialiste du conseil régional et président de l'agglomération de Montpellier. Il voulait une gare à Montpellier et il l'a eue.» Les élus gardois n'ont pas manqué de monter au créneau. «Pour le département du Gard, regarder passer les trains aurait économiquement été catastrophique, c'est pour cela que nous nous sommes battus pour également avoir une gare TGV à Nîmes», renchérit le président de l'agglomération de Nîmes Yvan Lachaud (UDI).

L'intérêt du prolongement de la ligne à grande vitesse ne s'arrête pas à Montpellier
. Depuis 2013, une LGV relie Madrid à Perpignan. «Il manque 180 kilomètres de voies, entre Perpignan et Montpellier, pour relier Bruxelles à Madrid à grande vitesse, c'est dans cette perspective européenne qu'il faut concevoir son utilité», ajoute Franck Proust. Pour l'heure silencieuse, la SNCF promet de «s'exprimer en 2017» sur le dossier.
 
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