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Des TGV sur la ligne Bordeaux-Marseille : quelles conséquences pour les usagers ? Version imprimable
06-10-2016
[Par Marine Rabreau - Le Figaro Economie - 5 octobre 2016]
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L'État sauve le site de Belfort d'Alstom en commandant 15 TGV, dans un premier temps pour la ligne classique Bordeaux-Marseille.  
Une décision qui aura un coût pour l'opérateur des Intercités.

Les TGV que l'État va commander à Alstom rouleront sur des lignes... classiques. C'est le paradoxe du plan imaginé pour sauver le site de Belfort. Dans le cadre des annonces faites ce mardi, les commandes de l'État donneront du travail à l'usine pendant deux ans. Les TGV qui vont être construits - à Belfort pour les motrices et sur d'autres sites pour les voitures - sont destinés à rouler sur la ligne Intercités Bordeaux-Marseille dans un premier temps.

Ces trains rouleront donc à moins de 200 km/h alors qu'ils peuvent circuler jusqu'à 320 km/h... Techniquement, cela ne pose pas de problème. Les TGV ont été conçus pour pouvoir également circuler sur les voies classiques. Par exemple, sur Paris-Bordeaux, actuellement, le TGV circule sur le réseau classique après Tours. Cela changera quand la ligne à grande vitesse entrera en service en 2017.

En revanche, la mise en service de ces TGV sur les lignes Intercités va entraîner une hausse de leurs coûts d'exploitation déjà très élevés. «Le coût d'exploitation d'un TGV sur une ligne Intercité sera supérieur de 30% par rapport à un train classique», confirme-t-on à la SNCF. Ce surcoût pourrait être compensé par une hausse du prix des billets. Mais une telle solution serait difficilement applicable. Les lignes Intercités sont déjà désertées par les voyageurs qui préfèrent soit payer plus cher et voyager plus vite en TGV ou en avion low-cost, soit utiliser d'autres modes de transports, moins chers ou plus pratiques, comme le covoiturage, ou prendre des cars «Macron».

Plan de restructuration

Il est plus probable que le surcoût soit pris en charge par l'opérateur des lignes. Actuellement, c'est la SNCF qui exploite les lignes Intercités dans le cadre d'une convention avec l'État. Mais en 2021, le marché devrait être ouvert à la concurrence.

L'activité Intercités se porte très mal: la fréquentation a chuté de 20% ces cinq dernières années. Si bien que, en 2016, les pertes atteindront 400 millions d'euros, contre 330 millions en 2014 et 210 millions en 2011. Cette situation a conduit le gouvernement à engager un plan de restructuration il y a plus d'un an. Il prévoit notamment la suppression de plusieurs lignes de train de nuit et le renouvellement du matériel pour les lignes de jour Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Toulouse-Marseille. La commande des 30 TGV pour les lignes Intercités à Alstom s'inscrit dans ce plan.




 
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