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Le canal du Midi se soigne Version imprimable
11-02-2016
[Par Olivier Schlama - Midi Libre 11 février 2016]
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Traitement des platanes malades
A Toulouse, le directeur général de Voies navigables de France a annoncé le lancement au printemps d'un traitement des platanes malades.

Vingt ans après son classement à l'Unesco et 350 ans après sa création, le canal du Midi veut rester ce joyau fréquenté par plus de 2,5 millions de touristes, dont un million en bateau. Même si la fréquentation a "un peu baissé" selon un responsable, Voies navigables de France (VNF) n'a plus le vague à l'âme. D'ici 2017, davantage d'arbres seront replantés. Du chêne chevelu, de l'érable plane, du tilleul à grandes feuilles, du peuplier blanc, du micocoulier, du pin parasol... 1 900 arbres seront plantés cet hiver et 1 700 autres l'hiver prochain.

Au total, fin 2017, 5 800 arbres de diverses essences redonneront du lustre au canal du Midi. Les variétés ont été multipliées pour éviter qu'un jour une seule maladie, fût-elle incurable, ne décime qu'une seule espèce comme ce fut le cas du platane, qui a créé au fil du temps cette voûte d'ombre présente un peu partout sur les 260 km de l'ouvrage, trait d'union de la nouvelle grande Région.

"On espère une oreille attentive de la présidente de la grande Région"
Marc Papinutti, DG de VNF

Pour lutter contre un champignon envahissant et meurtrier, le chancre coloré, et "assurer la sécurité des personnes", 14 000 platanes ont déjà été abattus depuis 2013, soit un tiers des 43 000 arbres bordant le canal du Midi. Unique au monde, l'opération est estimée à 200 M€ sur 20 ans. Le financement qui doit se diviser en trois tiers est loin d'être bouclée. VNF apporte chaque année 10 M€. Le mécénat est sur une tendance encourageante : "Depuis 2013, nous avons récolté 1,8 M€ dont 430 000 € par le grand public et le reste apporté par 60 entreprises, à 70 % régionales", confie Marc Papinutti.

S'agissant d'un engagement financier à long terme, Marc Papinutti a dit que "ni VNF ni l'État ne peuvent le faire sur 20 ans. Mais on a bon espoir. C'est un vrai sujet, y compris auprès de la grande Région, 2016 est une année historique. Les astres s'alignent positivement.""La machine est lancée", a renchéri Jean Abèle, directeur pour le Sud ouest. VNF espère, en vitesse de croisière, engranger de 2 M€ à 3 M€ par an, somme "indispensable" pour financer les replantations.

"L'Unesco voit que nous faisons tout pour ce monument. Pour l'instant il n'est pas question qu'il perde son label", assure un cadre. Le département de l'Aude a versé 800 000 € et s'apprête à donner 1 M€ supplémentaire. C'est le seul département dans son cas : l'Hérault et les PO n'ont pas mis la main à la poche... L'ex-Région Midi-Pyrénées n'a versé que 19 000 € et l'ex-Région Languedoc-Roussillon 700 000 €.

Marc Papinutti espère, a-t-il répété, avoir une "oreille attentive de la part de Carole Delga", nouvelle présidente du conseil régional. Le directeur général de VNF a aussi expliqué ne pas écarter la possibilité d'une taxe pour alimenter le budget de cette opération hors normes. Mais pas forcément sur les bateaux. En tout cas de trouver des recettes supplémentaires. "À Avignon où je participais il y a une semaine à une table ronde avec plus de 300 acteurs du tourisme, le constat partagé était que la clientèle étrangère, notamment russe, était en retrait, sans doute à cause des attentats. À Paris, la fréquentation des bateaux de promenade est en chute de 40 % par rapport à 2015. Il faut être prudent. On ne peut pas taxer les bateaux comme ça. En revanche, une majoration de la taxe de séjour, pourquoi pas. Mais je n'ai rien demandé pour 2016."

L'abattage préventif des platanes est limité

Si Marc Papinutti parle d'avenir c'est aussi parce que le Cetev (Centre d'expertise en techniques environnementales et végétales) basé près de Toulouse a été le seul organisme à obtenir le feu d'une expérimentation d'un traitement à base de micro-injections de fongicide et pourquoi pas, un jour, d'un vaccin. Des étudiants toulousains qui avaient gagné un prix international ne désespèrent pas d'appliquer une méthode à base de manipulation génétique. "Je viens de signer le protocole d'une expérimentation avec le Cetev. Celle-ci sera longue de deux à trois ans. Et tenue secrète pour éviter que l'opération ne soit sabotée", a-t-il confié. Et ne pas réactiver l'hostilité des maires frondeurs notamment dans l'Aude.

VNF limite d'ailleurs l'abattage préventif autour des arbres malades. "Les maires du Lauragais m'ont dit ce matin que leurs platanes ne sont pas atteints par le chancre. Je leur ai proposé un suivi régulier tous les trois mois (...)" Par ailleurs, a-t-il encore confié, "on ne sait pas vraiment comment la maladie se propage. Je stresse déjà à l'idée qu'il y ait d'autres arbres touchés. Car la maladie peut se déclarer quatre ou cinq ans après que les racines ont été infectées..." Un seul arbre a été touché ; en Haute-Garonne, lors de l'état des lieux annuel. Cette expérimentation est en tout cas d'un enjeu plus vaste. Les platanes il y en a partout. Et personne au monde n'a trouvé de vaccin. "Nous accompagnons le Cetev car cela va permettre de faire émerger des solutions scientifiques pour tous", espère Marc Papinutti.


 
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