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Canal du Midi : vous ne le reverrez plus ainsi ! Version imprimable
03-09-2013
[Par Jean-Pierre Lacan - Midi Libre 31 août 2013]
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Le chancre tueur de platanes progresse sur les berges. Seule solution pour l’arrêter : l’abattage. 

Deux mille deux cents arbres abattus d’ici fin novembre alors que 1 600 l’ont été au printemps : jamais la saignée dans la fameuse double haie qui fait le charme du canal du Midi n’avait atteint un tel niveau d’intensité. Depuis 2006, année de l’apparition du chancre coloré et de la décision de l’éradiquer en purgeant les foyers d’infection, 4 000 platanes ont été coupés ; un peu plus de 2 000 vont donc grossir cette sinistre hécatombe d’ici quelques semaines, et ce ne sera pas fini...

"On estime entre 8 000 et 10 000 le nombre d’arbres qui ont été infectés"

"On estime entre 8 000 et 10 000 le nombre d’arbres qui ont été infectés ou le sont sur les 42 000 en double alignement", explique Jacques Noisette de Voies Navigables de France (VNF), l’établissement public qui gère le réseau fluvial du pays.

Un quart environ de ce double alignement, qui couvre 200 kilomètres sur les 240 que mesure l’ouvrage, est donc condamné à disparaître provisoirement. Et ce provisoire va durer... aux alentours d’un demi-siècle ! C’est le temps, en effet, qu’il faudra aux nouvelles plantations pour combler le vide des précédentes. VNF a beau jurer que sa préoccupation première, en choisissant des essences comme le micocoulier, le caryer, le peuplier blanc, le chêne à feuilles de châtaignier et même le pacanier, est de reconstituer rapidement une voûte végétale durable, beaucoup d’entre nous ne la verront pas achevée.

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des lieux emblématiques touchés

Avec cette nouvelle campagne d’abattage, c’est toute la partie orientale du canal, entièrement située en Languedoc, qui va être concernée. Plusieurs lieux emblématiques comme l’écluse de Puichéric (Aude), le secteur du pont de Pigasse à Quarante (Hérault), les abords des écluses de Fonsérannes à Béziers (Hérault) et ceux de la remarquable écluse ronde d’Agde (Hérault), vont changer d’aspect. Il est temps d’aller leur rendre une petite visite.

Une menace pour le tourisme

Les premiers chiffres du trafic fluvial depuis le début de l’année sont tombés. Ils ne sont pas bons. De janvier à juillet, comparé à la même période l’an passé, la fréquentation du canal du Midi est en recul de 8,70 %. Le nombre moyen de passages aux écluses communiqué par VNF, toutes formes de trafic confondues, est passé de 39 632 à 36 185.
Les atteintes à la fameuse voûte sylvestre qui a fait la réputation du canal et a contribué à son inscription par l’Unesco au patrimoine mondial, expliquent-elles ce recul ?
Du côté des loueurs de pénichettes, on reste prudent. « Ce sont surtout les clients français qui s’intéressent au sujet. Pour l’instant, on ne sent pas de véritable incidence », estime-t-on à l’agence de Castelnaudary de “Le Boat”.

"Inquiet" pour l'état du Canal 

Ce n’est pas l’avis d’un petit loueur installé au Somail. Il se dit « inquiet » de l’état du canal et redoute un effondrement de l’activité : « Les gros loueurs ne l’avouent pas mais leurs cahiers de réservations ne sont pas pleins. Beaucoup de bateaux restent à quai. »
Faut-il le croire ? Sur les sites des sociétés dédiées au tourisme fluvial, les promotions ne manquent pas en ce moment avec des discounts qui peuvent atteindre 45 voire 50 %.
Sur la période janvier/juillet 2013, le trafic généré par l’activité des loueurs, est pourtant celui qui recule le moins : 25 794 passages aux écluses contre 27 866 l’an passé soit une baisse de 6,8 %. Pour Patrick Portier de la société Caminav, installée à Carnon (Hérault), cette baisse est davantage à mettre sur le compte de la crise que des abattages. « C’est la première année que nous ne sommes pas complets en août et septembre est mal parti, mais nous, nous vendons surtout la Camargue », explique Patrick Portier.

Quelle est donc la responsabilité réelle du chancre dans la baisse du trafic ? Un chiffre permet de la cerner : celui de la plaisance privée. Il s’agit là de navigateurs à l’année généralement propriétaires de leur embarcation. Ils choisissent donc leur parcours en fonction de l’intérêt qu’ils y trouvent. Or, c’est le trafic qui a le plus diminué : 7 553 passages avaient été enregistrés aux écluses de janvier à juillet 2012 ; 6 435 cette année, soit un recul de près de 15 %.

 
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