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Le Canal du Midi cédé "à la découpe"? Version imprimable
03-01-2013
[Par Arnaud Boucomont - Midi Libre 3 janvier 2012]
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Une association s'inquiète de la possible arrivée de fonds étrangers.
Le projet d'un recours au mécénat pour financer les 200M€ de la replantation des platanes le long du Canal du Midi n'est pas nouveau.

Il avait été présenté en 2011 par le ministère de l'Environnement. Mais le sujet pourrait devenir polémique. Selon Voies navigables de France (VNF), «plusieurs entreprises, pas nécessairement françaises, mais également des fondations d'États de plusieurs pays » auraient fait part de leur intérêt pour le projet. Elles y gagneraient en prestige... Si le canal du Midi est emblématique du patrimoine français, il est aussi inscrit à celui, estampillé Unesco, de l'humanité. L'idée serait alors de "découper" le canal, pour mieux attribuer la paternité de chaque section aux différents mécènes. On ne tronçonnerait donc pas que des platanes malades du chancre coloré. Verra-t-on des injections d'argent frais du Qatar ou de fonds américains pour sauver ce patrimoine national ? La question a le don d'ulcérer le Réseau fluvial toulousain, un collectif de professionnels et d'usagers., « Ce qui est un peu effarant, c'est que des "pas nécessairement français" se soient aperçus que le canal du Midi serait un bon investissement en terme d'image, indique l'association. Pourtant, depuis bon nombre d'années, des voix locales le répètent sur tous les tons. » Et le Réseau fluvial toulousain de s'interroger : quels sont ces pays étrangers? La segmentation par tronçons doit-elle «s'analyser comme une vente à la découpe de cet emblème du savoir-faire français » ?

VNF vient de lancer une étude pour évaluer le potentiel des fonds. Une autre étude est dans les tuyaux pour préciser la forme juridique que pourrait prendre cette initiative. Et depuis le 1er janvier, VNF est passé d'un régime de droit privé au statut d'établissement administratif d'État. Le risque : pousser à la roue les secteurs rentables du nord de la France et se désengager sur la partie sud. L'État va-t-il, concernant le canal du Midi, perdre d'un côté ce qu'il récupère de l'autre? Autrement dit accepter le soutien de capitaux étrangers, voire étatiques, quand il entend par ailleurs reprendre en direct les rênes fluviales ? Le Réseau fluvial toulousain semble craindre la réponse, tout en posant la question à sa manière : « Y a-t-il un capitaine dans le bateau ?» De son côté, la Région Languedoc-Roussillon vient d'afficher son intention de mettre 30 M € au pot. Pourvu qu'il s'agisse d’« un véritable projet économique et touristique » et non pas d'une simple replantation d'arbres. «Si les fonds sont étrangers, pourquoi pas, souligne la vice-présidente Agnès Jullian. Mais il est bien dommage que, l'intérêt pour le canal soit aussi tardif car si l'État s'en était préoccupé plus tôt, on aurait certainement pu enrayer l'hécatombe des platanes et anticiper sur une valorisation de l'ouvrage ou plutôt de ses ouvrages d'ingénierie si emblématiques. »
L'élagage des platanes se poursuit
court métrage de Jacques Amagat
 
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